Compte rendu de CrocMonsieur
Mardi 19 février, arrivée à Copenhague, et ô surprise, mon bagage manque à l’appel. Enfin quand je dis surprise, ce n’est que le sixième bagage qui se perd en route pour le Team Robusto en moins de deux ans !
Bon, pas grave, on remplit les papiers d’usage et je file à mon hôtel, le Radisson SAS qui organise le tournoi. J’ai réservé longtemps à l’avance (pour une fois) sachant qu’il serait complet. Pas de bol, déboussolé sans doute par le fait d’être aussi bien organisé (!) je découvre au check-in que j’ai réservé pour les bonnes dates… mais le mois précédent !
Bon, pas grave (bis), je découvre qu’il reste des places a l’autre hôtel Radisson, 5 minutes de taxi, et une superbe chambre (même c'est si pas donné). Peu importe… un lit, vite ! Heureusement que je ne suis pas du genre stressé, parce qu’avec tout les pépins de voyages, entre les bad beats et les fois ou c’est ma faute, je deviendrais fou !
Ce voyage est également l’occasion de découvrir Almira qui fait son premier grand tournoi avec Winamax, et je découvre quelqu’un de passionné, tenace, et travailleur. L’avenir nous le dira mais je ne serais pas étonné de la voir en table finale un de ces quatre !
En ce qui concerne le tournoi, je démarre la journée gonflé à bloc, et prêt à affronter une table relevée. Voici la recette en question :
- Prendre un Paul Testud régulier depuis des années et millionnaire en gains de tournoi, pour former une base solide.
- Ajoutez une pincée de William Thorson, le pro suédois qui affiche quand meme 1,6 million de dollars de gains au compteur Hendon Mob.
- Rajoutez un Mickael Norinder a l’agression légendaire pour corser le tout (remember Prague)
- Enfin, touillez avec une petite dose de Tony G et sa grande gueule pour donner du gout.

Bref un sacré menu en perspective ! Le Tony G n’aura pas trop eu le temps de la ramener, il fut cueilli à froid. Passé short stack après deux bluffs ratés et un coup contre moi qu’il passe au turn sur mon semi-bluff, il sera éliminé par Norinder sur le coup suivant :
Norinder "limpe" au cutoff, tout le monde passe, et Tony G check sa grosse blinde
Flop 

Tony mise les trois-quarts du pot, et Norinder suit.
Turn 
Tony envoie son tapis, pour environ la taille du pot, Norinder le paye rapidement avec… Q3. Tony montre une couleur floppée, mais la river est un Dix, donnant full au scandinave !
Un bon bad beat des familles pour Tony G, et voilà que la table qui se relaxe un peu…
Quant à moi, je commence à avoir de bonne sensations, et prend progressivement le contrôle de la table. Je monte tout doucement à 15k, puis 20, puis 25k, gagnant quasiment tous les coups dans lesquels je rentre, en touchant ma fois pas mal de jeu. Puis vint le coup qui normalement vous change un tournoi, et qui la curieusement, ne changera rien :
Je relance avec AK au cutoff, et un local relativement serré me sur-relance depuis la petite blinde. Je sens qu’il en a marre et a une main moyenne, mais ma main est bien trop faible pour partir a tapis :
lui aussi a un beau tapis, 20k environ. Je paye sec.
Je tombe amoureux du flop : QJT… La quinte max, chéri ! Mon adversaire fait un « continuation bet » classique a 2 000, et je décide de faire une relance minimum à 4 000 en espérant qu’il m’envoie deux paires ou mieux.
Il fait mieux que ça, et m’envoie son tapis avec… KQ pour top paire, quatrième kicker plus tirage quinte. Il s’est vu beau, mais en fait n’a que 3 outs pour partager le coup, ou alors il lui faut trouver un carré runner-runner !
Turn As…
Mon amour pour le flop est brisé net, la river est sans importance et on partage le pot. Je fais de mon mieux pour rigoler, surtout ne pas montrer de signe d’agacement. J’annonce en rigolant « Je t’ai fait tilter une fois, je te ferai tilter à nouveau », et mon adversaire reprend ses jetons avec le sentiment d’être un miraculé…
Bon je dis souvent qu’il ne faut pas se plaindre quand on ne perd pas d’argent, je reprends donc mon travail de sape pour finir au diner-break dans les chip leaders avec 28k. Ce n’est pas le tapis monstre que je souhaitais, mais je suis au bon endroit au bon moment.
Malheureusement, au retour du dîner ma bonne étoile m’a abandonné. Je perds les trois coups que je joue en deux heures et passe à 12 000, un tapis -sous la moyenne- ! Je regarde alors mon jeu au cutoff et découvre JJ. Je relance et je suis payé par Norinder au bouton et par la grosse blinde.
Le flop(3000) arrive J T 8 avec un tirage couleur.
La blinde check, et je check en espérant piéger le suédois. Norinder check aussi.
Turn 2 dépareillé.
La blinde check, et je check à nouveau. Cette fois il ne pourra pas résister c’est sur. En effet Norinder décide de miser 2 500 et je paye. La grosse blinde passe et je call sec. Certes il y a des tirages mais il aurait misé un tirage au flop, je pense donc que mon adversaire est peut être carrément « drawing dead » ou en tout cas s’il touche quelque chose qui me bat a la rivière ce sera vraiment une coïncidence.
La rivière arrive, un 6. Je réfléchis à checker, puis décide que Norinder est probablement persuadé que je suis à tirage. Si je fais tapis avec mes 7 000 restants il est capable de payer avec très peu. J’envoie alors le tapis rapidement, et il me paye tout aussi rapidement avec… Q6 !
Belle lecture sur ce coup, je pense l’avoir joué parfaitement et ça fait plaisir quand ça marche ! Après ce coup je termine tranquillement la journée avec 21 000 presque a la moyenne, et fier d’avoir évité les mines et le tilt tout au long de cette première journée.

Le Day 2 sera ceci dit assez court. Les blindes montent rapidement tandis que mon tapis descend à 14 000 après deux petits coups ratés.
Shortstack, je saute sur un "contre-vol" classique avec KJ contre le cutoff qui me paye avec AQ. Tout ça pour ça. Frustration, mais le sentiment du devoir accompli néanmoins. Ce fut l’une de mes meilleurs performances dans l’épreuve, et le poker est un jeu d’endurance !
Le mois de Mars sera assez calme, mais en Avril, ne te décave pas d’un fil : San Remo sera suivi par Monte Carlo, pour la prestigieuse finale de l’EPT : 10 000€ l'entrée et près de 1 000 joueurs attendus !
Et c’est tout ? Non juste après je saute dans un avion avec Arnaud Mattern direction le prestigieux Bellagio pour la finale du WPT a $25 000.
Tout un programme…
