EPT Deauville - Jour 1A - Par Benjo
20/01/2009 11:46
Fin de l'embargoL'European Poker Tour de retour en France après trois ans d'absence
20 janvier 2009. Journée historique, chers lecteurs ! Le genre qui, durant le demi-siècle à venir, soulèvera la question : « Et toi, tu étais où ce jour là ? » Alors que le monde entier fête aujourd'hui le changement de locataire à la Maison Blanche, le microcosme pokérien bouillonne d'impatience de notre côté de l'Atlantique. Et pour cause : après trois longues années d'absence, l'European Poker Tour est de nouveau le bienvenu en France.
Je me rappelle encore très bien du sentiment général quand le couperet était tombé sur l'EPT de Deauville en janvier 2007. Après deux éditions magnifiques en 2005 et 2006, les autorités françaises avaient décidé que finalement, un tournoi organisé par un site de jeu en ligne n'était plus concevable sur le territoire. Déception, colère et tristesse chez des centaines de joueurs européens qui avaient fait de l'étape française de l'EPT leur préférée.
C'est que la petite station balnéaire normande possède un charme particulier. Opulence et romantisme à la française sont de mise, avec une touche rétro irrésistible qui imprègne les rues et les intérieurs du casino Barrière et de l'hôtel Normandy, où la plupart des joueurs se sont installés. Il fait bon vivre à Deauville, et il fait bon jouer, aussi. Environ 600 joueurs sont attendus cette semaine pour le retour de l'European Poker Tour en France. La dernière fois que l'on a vu autant de joueurs pour un tournoi de Poker à Deauville, c'était il y a trois ans. Autant dire une éternité en « années poker » !
J'ai fait les comptes... Seuls cinq membres du Team Winamax (qui n'existait pas encore) avaient fait le déplacement à Deauville en février 2006. A l'époque, Michel Abécassis était déjà l'ambassadeur du poker français que tout le monde connait et respecte. C'était quelques mois avant le lancement de Wam-Poker.. Guillaume de la Gorce, déjà connu sous le pseudo « Johny001 » venait de se broke en 25/50 et disputait son premier tournoi pro en live, sous l'oeil des équipes télé de « Capital ». Antony Lellouche, déjà une légende des cash-games parisiens, mais pas encore confirmé en tournoi, sautait au bout de trois heures en ayant fait, je cite, « n'importe quoi » (et c'est vrai qu'il faisait n'importe quoi à l'époque !) Eric Koskas, lui, le public ne le connaissait pas encore, mais les médias français l'attendaient au tournant à Deauville après que d'anonymes forumeurs aient annoncé sa venue en lettres capitales : « Eric le Marseillais sera le prochain champion du monde ! » Intrigué, j'avaisr observé Eric plusieurs heures, et conclu dans mon reportage de l'époque : « Koskas... Un style erratique et fantasque : le marseillais sait monter des jetons rapidement. Mais ne va t-il pas se bruler les ailes à force de trop de bluffs ? » Une première observation qui n'était pas tout à fait inexacte ! Manuel Bevand, lui, venait tout juste de passer pro, et s'était contenté d'assister au tournoi en position d'observateur – venu à Deauville pour effectuer le reportage en compagnie de votre serviteur, Manub avait au final passé son temps à disputer les divers Sit-N-Go et tournois organisés en parallèle du Main Event. On ne se refait pas !
Si je vous raconte tout ça, c'est parce que, je m'en rends compte en retrouvant Deauville pour le retour de l'EPT après trois années d'absence, bien de l'eau a coulé sous les ponts depuis. A l'époque, j'étais un reporter encore balbutiant, découvrant le circuit avec des yeux émerveillés, passionné encore bénévole, débordant d'énergie et de motivation. A l'époque, les joueurs français faisant des tables finales étaient encore une denrée rare – d'ailleurs, il n'y en avait eu aucun à Deauville, malgré la présence d'une majorité écrasante de tricolores au départ de l'épreuve. A l'époque, le sponsoring de joueurs français était encore à ses balbutiements. A l'époque, les salles de presses étaient encore clairsemées, et ils n'étaient qu'une petite dizaine à avoir demandé une accréditation presse – quelques anglais, suédois, irlandais, et seulement deux sites français – ClubPoker et Poker.fr. Peu d'entre eux sont encore en activité aujourd'hui dans le métier – je me sens comme un dinosaure au milieu des 70 journalistes présents aujourd'hui !
Bref, la plus prestigieuse série de tournois européenne est de retour en France, et l'on ne peut que s'en réjouir, tant les annulations des deux dernières années avaient laissé un vide cruel sur la carte de l'European Poker Tour.
Qu'il soit amateur ou pro confirmé, jeune grinder online ou vieux routard des cercles, aucun joueur français digne de ce nom ne voudra manquer l'épreuve. La tâche s'annonce colossale pour l'équipe de reporters Winamax, qui aura des dizaines et dizaines de joueurs à suivre de près durant cinq jours, à commencer par le Team Winamax ! La meilleure équipe de joueurs francophone du monde sera présente au complet, ou presque : ils sont tous là, excepté Eric Koskas et Alexia Portal, tous deux occupés par leurs congés maternité respectifs (félicitations à vous !)
Les people français ne seront pas en reste : on annonce la présence autour des tables de tout ce que le show-biz français compte de férus du poker. Entre autres : Alice Taglioni, Virginie Effira et Bruno Lopes, plus connu sous son pseudonyme de scène, « Kool Shen », dont les NTM ont fait un retour triomphant sur scène il y a peu. Hier soir, en rentrant du casino, j'ai même croisé Raymond Domenech. Je ne sais pas encore si le sélectionneur de l'équipe de France est en ville pour jouer au poker, mais cela ne serait guère étonnant, quand on connait l'assiduité du bonhomme aux tables de l'Aviation Club de France.
Je vous le disais en début d'article : les étrangers adorent Deauville. L'importance historique du lieu – les plages du Débarquement ne sont pas loin – attire les américains en masse, et le glamour est irresistible aux européens, qui seront nombreux cette semaine. Quelques noms en vrac : Freddy Deeb, Victoria Coren, Surinder Sunar, Dave « DevilFish » Ulliot, Juha Helppi, Antonio Esfandiari, Vanessa Rousso, Peter Eastgate, et bien d'autres... On y reviendra.
La magnifique Salle des Ambassadeurs – qui reste fermement installée dans mon Top 3 des plus belles salles de poker du monde avec la Salle des Étoiles de Monte Carlo et la Fontana Room du Bellagio – est encore vide pour le moment. Les journalistes s'installent petit à petit, tandis que les organisateurs s'affairent autour des tables pour boucler les derniers préparatifs. A mes côtés, l'incontournable Paco vient de démarrer le Mac, et est parti en reconnaissance, caméra à l'épaule.
Départ prévu à midi... La journée s'annonce longue et chargée. Soyez au rendez-vous sur Winamax pour suivre en direct l'action !
20/01/2009 12:16
Dans les starting blocksLes joueurs se mettent petit à petit en place... Le départ devrait être donné dans quelques minutes. Environ 300 joueurs sont là.
Les W du Day 1A :
Team Winamax
Almira Skripchenko
Ludovic Lacay
Michel Abecassis
Arnaud Mattern
Guillaume de la Gorce
Nicolas Levi
Manuel Bevand
Qualifiés Winamax
Nicolas Uzel
Sebastien Regue
Ludovic Harran
Tony Loré
Il y aura énormément de joueurs français à suivre aujourd'hui, rien qu'en comptant les « connus ». Nous ferons de notre mieux pour vous offrir la couverture la plus complète possible de l'évenement, mais gardez à l'esprit que nous ne pourrons parler de tout le monde aujourd'hui.
Quatre qualifiés Winamax sont au départ aujourd'hui, dont Tony Loré, qui avait déjà disputé le Main Event des WSOP à nos couleurs l'été dernier. Nicolas Uzel, lui, a trouvé une charmante table de départ en compagnie d'Almira Skripchenko et Isabelle Mercier. Manuel Bevand jouera au côtés d'ElkY.
20/01/2009 12:17
A combination of luck and skillLa structure appliquée sera des plus classiques, un poil trop rapide avec ses niveaux de soixante minutes. mais j'entends en coulisse que les organisateurs ont entendu les réclamations des joueurs, et devraient proposer une structure remaniée dans un futur proche. Pour l'heure, il faudra, si l'on veut gagner, être capable d'établir un équilibre entre talent et chance – peu nombreux sont ceux arrive à maitrîser cette délicate alchimie avec consistance.
Huit niveaux seront joués aujourd'hui pour commencer. On augmente les blindes toutes les heures, avec une petite pause de quinze minutes tous les deux niveaux. Il n'y aura pas de pause-dîner, ce qui fait que les joueurs seront libérés vers 21 heures.
Tapis de départ : 10,000
25/50
50/100
75/150
100/200
150/300
150/300 ante 25
200/400 ante 50
300/600 ante 75
20/01/2009 13:26
Départ en fanfareLa Salle des Ambassadeurs est remplie à ras bord : 35 tables y ont été entassées tant bien que mal, rendant la circulation entre les tables plus que périlleuse. C'est que les joueurs ont répondu présent en masse : ils sont plus de 300 à avoir pris le départ, rien qu'aujourd'hui. Au moins autant sont attendus demain pour le Day 1B.
Petite collection de joueurs apérçus autour des tables :
Joao Barbosa (champion EPT Varsovie)
Michael Greco avec Stéphane Gérin
Thibault Durand (finaliste à Dortmund)
ElkY avec Manuel Bevand
Julien Lang Van en compagnie du québécois Samuel Chartier, finaliste à Barcelone
Alban Borgel avec le qualifié Winamax Ludovic Harran (déjà vu à Londres pour l'EPT)
Christophe Wemelbeke, meilleur français à Budapest, avec Jani Sointula
Ludovic Lacay avec Ouri Cohen et Yomi, un pote d'Arnaud Mattern lui aussi joueur de backgammon
Jonas Klausen avec Gino Alacqua et Thierry « kipik » Tregaro qui dispute aujourd'hui son premier tournoi.
Xavier Malandran avec Keith Hawkins et Michel Abécassis (c'est marrant, ces deux là étaient déjà assis ensemble à leur table de départ lors de l'édition 2006)
Jacques Zaicik avec Virginie Effira
Alex Kravchenko et Benjamin Pollack
Guillaume « Johny001 » de la Gorce avec Pascal Perrault et Jerôme Zerbib
Juha Helppi avec Robert Cohen (aussi appelé « Le Dangereux » dans les milieux autorisés)
Tony Cascarino avec Vanessa Rousso et Xavier Laszcz
Antonin Teysseire avec Pierre Salsac et Fabrice « fableouf » Leclercq
Sébastien « Tilou4Fun » Decamps
Le déjanté Philippe D'Auteuil (Québec), finaliste à l'EPT Londres
Elie Marciano avec Steven Van Del Zhoff
Eric Haber
Dan Abouaf
Nicolas Levi avec Xavier Detournel et le mec qui a fini troisième ou quatrième à Budapest (me rappelle plus son nom)
Cristiano Blanco avec le qualifié Winamax Tony Loré et Brice Cournut
Ouf ! Et encore, cette liste longue comme le bras n'est constituée que des joueurs que je connais.
Vicky Coren, déguisée pour l'occasion en françaises des années 40
Johny001
20/01/2009 13:32
Fin du premier niveauA peine le temps de faire le tour de la salle, découvrir les joueurs présents, prendre quelques photos, et publier un premier listing qu'il est déjà temps d'augmenter les blindes. On passe à 50/100. Une poignée de joueurs ont réussi à sauter durant le premier niveau.
Tel ce joueur à tapis avec 8
4
sur le flop
K
J
9
Une belle main, certes, mais le brelan
9
9
de son adversaire possédait pas mal d'outs, et l'une d'entre elles s'est matérialisée dès le turn : un
9
, lui donnant un carré imbattable.
Un sortant !
20/01/2009 13:35
Premières attaquesMichel Abécassis remporte son premier pot de la journée avec une relance au cut-off (125, payé par le bouton), puis un continuation bet (225) sur le flop 7
3
3
. Un pot modeste, certes, mais comme le dit l'adage : "petit à petit, l'oiseau s'envole". Ou un truc dans le genre.20/01/2009 13:48
Star systemFraîchement débarquée sur Canal+, l'animatrice télé Virginie Effira est aussi une fondue de poker, une vraie, du genre à passer des nuits en cash-game 2/2€ à l'Aviation Club de France, pour le plus grand plaisir des joueurs du club, qui apprécient son physique agréable autant que son style loose-passif très lucratif (pour eux, pas pour elle).
Aujourd'hui, j'ai tout juste eu le temps de voir Virginie payer une relance de grosse blinde, puis check-folder le flop A
7
2
. Quelques minutes plus tard, elle avait disparu, appelée par son agent pour aller on ne sait où, laissant planté là son tapis de 7,000.20/01/2009 13:54
Know when to hold them, know when to fold themArnaud Mattern a d'entrée de jeu été confronté à une décision difficile, dès le premier niveau de la partie.
Muni d'une paire plutôt max
A
A
, Arnaud relance à 350 (blindes 25/50) après que trois joueurs aient limpé. La grosse blinde paie, ainsi que le troisième limpeur. Les autres passent.
Flop 7
4
2
Les deux adversaires d'Arnaud checkent, ce dernier mise 650. Payé par la grosse blinde. Le limpeur/payeur check/raise à 1,700. Seul Arnaud reste dans le coup.
Turn 2
Arnaud checke, puis paie 2,000.
Rivière T
Arnaud checke une dernière fois, et, sentant que son adversaire peut battre une paire d'As, abandonne après que celui-ci ait annoncé « tapis ! ».
Le champion EPT de Prague a perdu la moitié de son tapis de départ de 10,000.
