EPT Monte-Carlo sponsorisé par PokerStars - Jour 1A - Par Benjo
28/04/2009 11:00
CodaUne saison grandiose s'achève à Monte Carlo
De Barcelone à San Remo, de Londres à Prague, de Budapest à Copenhague en passant par Deauville, Dortmund, Varsovie et les Bahamas : la cinquième saison de l'European Poker Tour nous aura emmené, plus encore que les précédentes, dans un tourbillon de voyages et d'émotions ininterrompus.
En huit mois et des dizaines de milliers de kilomètres parcourus frénétiquement, on aura vibré aux quatre coins du Vieux Continent, au rythme des exploits de nos champions, à mesure que s'écrivait en lettres d'or l'histoire du poker européen.
En septembre, la saison démarrait sur les chapeaux de roues en Espagne, avec une table finale mémorable qui avait vu s'affronter des lumières telles que Jason Mercier, Sébastien Ruthenberg et le membre du Team Winamax Davidi Kitai. Quelques semaines plus tard, à Londres, Antony Lellouche réalisait l'exploit en se hissant en finale pour la deuxième année consécutive, tandis que Michael Martin revenait d'entre les morts, capturant le titre après avoir vu son tapis fondre à une seule blinde. A l'automne, la tournée des pays de l'est nous emmena successivement en Hongrie, Pologne et République Tchèque. Autant de destinations de rêve qui nous ont offert plus qu'une poignée de grands moments de poker. On se souviendra longtemps de la rocambolesque finale tchèque et de ses italiens fantasques, ou bien sur de cette finale polonaise où, pour la première fois de leur courte histoire, le Team Winamax avait envoyé deux représentants autour de l'ultime table, Arnaud Mattern et Ludovic Lacay. En janvier, le gigantisme était de mise aux Bahamas, avec plus de 1,200 joueurs réunis sur la bien nommée Paradise Island pour la parenthèse exotique de l'EPT. Plus tard, la France allait accueillir avec ferveur le retour de l'EPT sur ses terres, à Deauville, après trois ans d'absence. Puis vinrent les classiques étapes de Dortmund et Copenhague, avant la très appréciée San Remo, que nous avons quitté il y a trois jours à peine. Comme disent les anglais : what a strange trip it has been...
Cette semaine, il est temps de conclure notre périple, avec la dernière étape de la saison, la plus belle et la plus grosse de toutes : la Grande Finale monégasque ! Et quelle autre destination que Monte-Carlo pouvait accueillir le point final du plus prestigieux des circuits européens ? La patrie surpeuplée du luxe, du clinquant, des voitures de course et des milliardaires en exil fiscal servira pour la cinquième année consécutive de coda à l'European Poker Tour. Plus de 700 joueurs sont attendus pour disputer l'ultime étape de l'EPT. A 10,000 euros l'entrée par personne, on aura affaire à l'un des plus gros prize-pool de la saison. Et qui dit « gros prize-pool », dit « casting de poids ». Le who's who du poker européen sera bien sur au rendez-vous, rejoint par une horde d'américains tels que Chris Ferguson, Andy Bloch, David Williams, et Phil Ivey, qui a pour l'occasion loué un jet à 45 millions de dollars pour faire le trajet entre New York et Nice. On ne se refuse rien.
Junior, Yuestud et votre serviteur serons en direct toute la semaine pour vous faire vivre ces moments grandioses du poker de haut niveau. Il y aura beaucoup de choses à dire, et les surprises seront nombreuses. Les festivités vont commencer d'une minute à l'autre : je m'en vais de ce pas observer le départ de l'épreuve. Je reviendrai avec les premières photos, premiers coups intéressants, et premières compositions de tables « de la mort » de cette épreuve qui s'étalera sur six longues journées. A très bientôt !
Les compétiteurs Winamax du jour
Antony Lellouche
Arnaud « FrenchKiss » Mattern
Guillaume « Johny 001 » de la Gorce
Ludovic « Sir Cuts » Lacay
Michel « MIK.22 » Abécassis
Davidi « Kitbul » Kitai
28/04/2009 12:11
Et la lumière futA midi, la resplendissante Salle des Etoiles était plongée dans la pénombre. Thomas Kremser a lentement monté les marches du podium, et sa voix s'est élevée à travers la resplendissante salle du tournoi, hôte de la finale de l'EPT depuis 2006. « Ladies and Gentlemen, welcome to the EPT Grand Final ! »
Les immenses rideaux, suspendus au murs de la salle sur toute leur longueur, se sont lentement écartés, laissant poindre une vue éclatante sur toute la Principauté et faisant plisser des yeux tous les observateurs, à l'unisson. Et puis, les têtes se sont levées : le toit coulissant était en train de s'ouvrir, s'éclipsant progressivement pour laisser place à un ciel d'un bleu azur. Tonnerre d'applaudissements.
Toute la journée d'hier, la pluie était tombée sur la méditéranée. Mais aujourd'hui, le soleil est revenu, juste à temps pour le plus prestigieux tournoi de poker d'Europe. Juste à temps pour que tout le monde s'enferme dans la salle pour douze heures consécutives.
Neil, Thomas et Daniel Negreanu donnent le départ
28/04/2009 12:17
Le Team Winamax dans les starting blocksDavidi : « Comme on a dit ! »
Guillaume : « Premier tournoi en trois mois, je suis chaud comme la braise ! »
Ludovic avec Michel: « Si j'avais su pour le toit ouvrant, le Team Winamax serait arrivé en parachute ! »
Arnaud et Antony, déjà finalistes une fois chacun cette saison
28/04/2009 12:52
Une structure dopée aux stéroïdesMerci Arnaud !
Plus beau, plus gros, plus long : les structures de l'European Poker Tour, tant décriées ces deux dernières années, vont radicalement évoluer à partir de la prochaine saison. La Grande Finale monégasque de cette semaine servira de test aux organisateurs : y est mise en place une toute nouvelle structure, avec 30,000 de tapis de départ (au lieu de 10,000), et des niveaux de 75 minutes à partir du Day 2 (au lieu de 60 minutes). Les blindes, cependant, ont commencé au niveau 50/100, au lieu de 25/50, ce qui ne représente pas une grande perte, tant les éliminations sont peu nombreuses durant le premier niveau.
Le saviez vous ? C'est au membre du Team Winamax et Champion EPT Arnaud Mattern que l'on doit en partie cette évolution. FrenchKiss et Thomas Kremser se connaissent bien, le premier disputant de nombreux tournois non-EPT organisés par le second. Quand de plus en plus de joueurs ont approché John Duthie et Thomas Kremser pour se plaindre de la mauvaise qualité de la structure à 10,000 jetons, c'est vers Arnaud qu'ils se sont tournés pour demander un coup de main. Arnaud s'est à son tour adressé à son ami François Tardieu, émérite champion de backgammon et matheux patenté. Les deux se sont mis au travail, essayant de résoudre une équation compliquée : comment contenter à la fois les joueurs (qui veulent une structure profonde avec beaucoup de jetons) et les organisateurs (qui doivent boucler une épreuve à plusieurs centaines de joueurs en six jours maximum)
« Le problème de l'ancienne structure », explique Arnaud, « c'est qu'elle ne laissait pas le droit à l'erreur, ou au bad-beat. Si, dès le premier niveau, on misait flop, turn et rivière et qu'on était battu, on avait déjà perdu 40% de son tapis. Si cela se reproduisait juste une fois de plus durant l'heure suivante, on était grosso modo short-stack. Nous avons tenté de développer une structure qui permette de se prendre des mauvais coups au début sans que cela ne condamne les joueurs à une élimination rapide. »
Les résultats escomptés sont multiples : les meilleurs joueurs auront plus de chance de briller, les tables télévisées seront de meilleure qualité (fini, en principe, les festivals de all-in préflop avec dix blindes), et le niveau général s'améliorera.
Qu'on se rassure, le fait que les joueurs disposent de trois fois plus de jetons ne devrait pas multiplier la durée du tournoi par trois. Il se pourrait même que l'effet inverse se produise pour les joueurs les plus faibles, qui, aveuglés par la taille de leur stack, commettront encore plus d'erreurs, dilapidant leur tapis avec vélocité.
En témoigne cette main observée à la table de Johny001, où l'on a vu deux joueurs se relancer pas moins de six fois durant le premier tour d'enchère, avant que l'un d'entre eux ne massacre complètement la main au flop :
UTG relance à 250.
A gauche de Johny, un jeune qualifié online sur-relance à 600.
L'action arrive à la petite blinde, Lee Nelson, qui « four-bet » à 1,750.
La plupart du temps, le tour d'enchères s'arrêterait là : un ou deux joueurs vont payer, et l'on va voir le flop. Mais non :
UTG jette ses cartes. Derrière, UTG+3 opte pour une étrange sur-sur-sur-sur (pfff) relance à 3,600.
Non, ce n'est pas fini. Lee Nelson, que l'on n'imagine pas assez fou pour faire cela avec autre chose que les As (il s'agit de la troisième main du tournoi, attention !), relance à nouveau ! Total : 7,500, soit un quart du gros tapis de départ des joueurs.
Le jeune adversaire de Nelson se contente de... payer, créant un pot de 15,000 avant même que le flop A
2
7
ne soit tombé.
Lee Nelson mise un tiers du pot : 5,000.
Ce coup, qui était déjà assez étrange, devient carrément spatial quand UTG+3 décide de faire une mini-relance à 10,000 (raise pour info ??!)
Lee Nelson réflechit, et annonce – logiquement – tapis. Son adversaire ne peut pas payer : il jette ses cartes, ayant investi plus de la moitié de son tapis, un prix qui ne lui a même pas permis de se payer un showdown, une rivière, ni même un turn.
Structure du Day 1
Tapis de départ : 30,000
Durée des niveaux : 60 minutes
Blindes :
50/100
75/150
100/200
150/300
150/300 ante 25
200/400 ante 50
300/600 ante 50
400/800 ante 75
28/04/2009 13:11
Aux alentours de 800 joueurs inscritsAffluence stable par rapport à 2008
J'ai compté 46 tables actives dans la Salle des Etoiles. Beaucoup étaient encore clairsemées peu après le départ, normal avec un si gros tapis pour commencer, me direz-vous : on peut se permettre d'arriver en retard. Je n'ai jamais compté plus de neuf joueurs par table : la place disponible n'a pas rendu nécessaire la constitution de tables 10-handed. Au fond de la salle, j'ai aperçu trois tables vides où les croupiers prenaient leur mal en patience, attendant les inscrits de dernière minute.
Un peu plus de 400 joueurs sont en course aujourd'hui. Selon les dernières informations qui nous ont été communiquées, 740 joueurs sont inscrits à l'heure actuelle. On devrait dépasser l'affluence de 2008 (842 joueurs) grâce à un satellite organisé cet après-midi, et les habituels retardataires. Cependant, on reste loin des 1,000 joueurs (et plus) annoncés par les organisateurs il y a un mois.
Sans transition, on peut annoncer qu'un très beau tournoi de Short-Handed à 5,000 euros a été annoncé pour remplacer l'épreuve de Omaha, annulée après que les autorités monégasques aient refusé leur accord pour l'organisation de tournoi non-Hold'em. Les SNG sont aussi passés à la trappe (alors qu'il n'y étaient présents les années précédentes) : ils seront remplacés par des tournois à... deux tables.
Catastrophe pour les médias, et petite larme à l'oeil : la salle qui nous servait de QG les années précédente, sans doute la plus spacieuse du circuit, sera désormais utilisée pour organisée les side-events et mini-tournois. Nous sommes relégués dans un (quasi) cagibi à l'étage. Snif, snif. Passe moi ton mouchoir, veux-tu.
28/04/2009 13:29
Les grands esprits se rencontrentParmi les tables que j'ai pu observer en ce début de partie, une mérite incontestablement le label de « table de la mort » (petit cours de langue : on dit « Table of Doom » en anglais, « Tabelle des Schicksals » en allemand, et « таблица обречения » en Russe)
Cette table, c'est celle où évolue le joueur du Team Winamax Davidi Kitai, en compagnie de, prenez une grande respiration : Greg Raymer (champion du monde 2004), Luca Pagano (multi-finaliste EPT) et Mike McDonald (petit génie ayant fait fortune dans la restauration rapide, où en remportant l'EPT Dortmund, je ne sais plus) En compagnie de ces grands noms, on retrouve aussi l'ami du Team Winamax Serge Didisheim, joueur suisse se qualifiant régulièrement pour les EPT.
Davidi a remporté son premier coup quelques minutes après le départ, relancant UTG, puis misant sur le turn Q
8
3
9
. Greg Raymer, seul payeur préflop, abandonne le coup. Davidi ramasse ses premiers jetons (premiers d'une longue série, on l'espère) avec un sourire.
28/04/2009 14:51
Ne jamais se marier à sa mainSur la rivière 3
3
K
K
2
,
l'ancien champion EPT Mark Telscher (Londres, 2005) contemple une mise adverse de 5,000. C'est un peu cher, si tôt dans le tournoi, et l'anglais décide donc de jeter sa paire d'As.
« You have a King ? », demande t-il à son adversaire. Réponse affirmative.
« You wanna show me ? ». Réponse négative.
Un peu plus tard, le revenant Adam Lounis (qui dispute son premier tournoi depuis 2006, je crois) prend la même difficile décision, ne voulant pas payer une mise de 10,000 sur le turn 3
2
4
7
.28/04/2009 15:02
LAGLudovic Lacay a débuté sa Grande Finale EPT à une table très marrante, où son nottament assis des joueurs très actifs tels que Roland de Wolfe et Philippe D'Auteuil. Le joueur du Team Winamax a joué un coup étrange avec ce dernier :
« Je relance à 300 au cut-off avec A
J
. Au bouton, Philippe sur-relance à 1,050. Je paie.
Flop K
9
9
. Check/check. Turn Q
. Je mise 1,300. Il paie. Rivière 3
. Je mise 3,200. Il me relance à 8,600. Je réflechis un peu, puis paie avec mon hauteur As. D'Auteuil jette immédiatement ses cartes. Il avait A
2
[ND Benjo : couleurs approximatives], c'était un split-pot mais comme il a jeté sa mains, le pot est pour moi. »
Ludovic pointe à 40,000, et rentre dans beaucoup de coups, payant des mises avec hauteur As, etc. Crédit doit être donné à l'excellente structure permettant aux joueurs loose-agressif beaucoup de fantaisies.
28/04/2009 15:24
Set over set ?Le tableau est 3
Q
7
K
. Il y a environ 28,000 au milieu. C'est exactement ce qu'il reste à Arnaud, et, justement, l'espagnol Raul Mestre lui demande son tapis.
Arnaud réflechit deux bonnes minutes, et jette son brelan de trois - un brelan qui lui coûte très cher. Après une brève conversation avec son adversaire, Arnaud devine à demi-mot qu'il faisait face à un brelan supérieur.
28/04/2009 15:33
In & OutDeux petites heures et puis s'en vont : le parcours de celui que beaucoup considèrent comme l'un des trois ou quatre meilleurs joueurs de poker du monde, toutes disciplines confondues, vient de se terminer. OK, pour vous dire la vérité, je n'ai rien d'autre à dire sur l'élimination de Phil Ivey, je n'ai pas eu le temps d'observer le moindre coup de sa part. Aussitôt arrivé, aussitôt reparti – surement que les pilotes de son jet privé n'ont même pas encore eu le temps de faire le plein.
